En Bref
Simon Belin est un acteur sans grand succès au cœur d'une troupe qui sillonne les villes de province et les petits théâtres parisiens. Ils attendent les feux de la rampe qui ne viennent pas. Un jour, Simon assiste au meurtre d'un homme et voit l'occasion de se retrouver en première page. Il dénonce Lino Ferrari, un truand, coupable idéal. Simon espère, avec ce mensonge, rester sur le devant de la scène. Condamné à vingt ans de prison, Lino Ferrari s'évade et compte bien se venger. Il annonce au comédien qu'il ne lui reste plus que trois jours à vivre. C'est l'heure pour Simon de choisir la gloire ou fuir comme un lâche.
Ce n'est que depuis peu que l'on redécouvre l'œuvre de Gilles Grangier, comme d'autres qui marquent l'histoire du cinéma français profondément. Il fait ses premiers pas en passant par plusieurs postes, figurant, assistant régisseur, puis régisseur. C'est Noël-Noël, son ami, qui le recommande comme réalisateur. L'œuvre de Gilles Grangier s'inscrit dans un cinéma populaire. C'est une fresque sociologique des années 40 à 60. Il connait tout de suite un grand succès auprès du public. Il tournera douze fois avec Jean Gabin. Trois jours à vivre se place entre Le rouge est mis, film de gangsters avec Gabin et Echec au porteur, film noir. C'est la grande vague des adaptations des Spécial Police au Fleuve Noir. La bonne idée de Gilles Grangier est de déplacer le récit au sein d'une troupe sans grand succès. C'est l'occasion de dresser le portrait des gens de théâtre.C'est tout l'intérêt du film, avec la présence de Lino Ventura dans un premier rôle, Jeanne Moreau dans celui de la petite amie de Simon. Daniel Gélin est un acteur confirmé, entouré d'une pléiade d'autres de cette époque. Ils cabotinent parfois, dans le bon sens, et nous offrent un film agréable. Le roman était déjà assez sombre et la fin pessimiste est remarquablement jouée par Jeanne Moreau. Daniel Gélin campe un personnage veule, lâche, qui n'hésite pas à toutes les bassesses. La pièce choisie par Gilles Grangier, l’héroïsme et le romantisme de Lorenzaccio d’Alfred de Musset, est comme un miroir des personnages qui la jouent. Cette œuvre mineure est intéressante par son regard sur la société et le cinéma de l'époque. La restauration est comme toujours remarquable et nous offre un confort agréable. Gilles Grangier montre, une fois de plus, qu'il est à l'aise dans tous les genres.Patrick Van Langhenhoven
Bonus : Entretiens autour du film avec François Guérif et Jean Ollé-Laprune P { margin-bottom: 0.21cm }