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affiche du film Tempura

Tempura

  • Comédie romantique
  • Japon
  • 2h13

Un film de

Akiko Ohku

Avec

Kento Hayashi , Ai Hashimoto

En Bref

Mitsuko est une trentenaire cultivant son célibat dans un Japon où la rencontre avec l’autre n’est pas si évidente. Elle travaille dans une entreprise de pub et croise régulièrement le jeune Tada. Ce dernier semble ne pas être indifférent aux charmes de Mitsuko. Dans une société où le « je » ne compte guère, on n’étale pas ses sentiments. La quête de l’être aimé est une route pleine de codes et de règles particulières. Mitsuko ne laisse pas la tristesse envahir sa vie. D’une nature joyeuse, elle profite de son célibat pour se lancer chaque week-end un défi. Certains s’avèrent plus difficiles que d’autres, voire impossible, comme aller à la plage seule ou inviter un garçon à diner. C’est la cuisine qui rapproche ces deux cœurs qui pourraient battre à l’unisson. Mitsuko adore l’art de mijoter, comme un dialogue la menant vers l’autre. Tada apprécie les petits plats à emporter que Mitsuko lui propose. Ces deux-là finiront bien par s’apercevoir que leur cœur fait boum ! Comme dans la chanson, ils aimeraient juste que l’autre fasse le premier pas.

Depuis quelques années dans le cinéma japonais, la cuisine ou le thé sont un prétexte pour parler de la vie. Cela remonte à loin, Le Goût du riz au thé vert Yasujiro Ozu 1952, La saveur des Ramen Éric Khoo 2018, Les délices de Tokyo Naomi Kawase 2015, Tampopo Juzo Itami 1985, Dans un jardin qu’on dirait éternel Noriko Morishita 2019. C’est l’occasion d’aborder les bonheurs et malheurs de la vie. Le célibat est un véritable problème que le gouvernement prend au sérieux. Tempura est un voyage au cœur d’une société particulière, qui parfois nous semble étrange. Au début, Mitsuko ne semble pas marquée par sa condition de célibataire. La caméra virevoltante d’Akiko Ohku nous offre une balade dans l’arrière-cour du Japon et de Rome. C’est ce voyage à Rome, alors que Mitsuko est invitée par sa meilleure amie qui marque une fracture dans le récit. Le film se divise en deux parties. La première voit la jeune femme face à ses défis hebdomadaires. Ils donnent un sens à sa solitude et lui permettent d’avancer sans trop de contrariété. Mitsuko prend la vie avec joie et tendresse, toujours souriante. Elle ressemble à ces papillons volant au-dessus des blés baignés par le soleil. Pourtant, une petite voix parfois contradictoire dévoile une âme plus sensible à la solitude. Cette première partie est un voyage dans les petites rues aux échoppes surprenantes, loin de la ville de haute technologie. Loin de vivre cloitrée, au contraire, elle prend le large, prête à son envol. De retour de Rome, Mitsuko décide d’avouer ses sentiments à Tada. La chose n’est pas facile. Il faudra prendre de la hauteur, aux sens propre et figuré pour enfin se dire « je t’aime ». On verra que dans ce Japon lié encore aux traditions, la suite est tout aussi complexe. La fin de cette seconde partie m’a fait penser à Lui et elle, Nuits blanches à Seattle à cause d’une tour et d’un rendez-vous. À l’image des tempuras, la mise en scène est frétillante, pleine de soleil avec quelques coups de blues. Il ne vous reste plus qu’à prendre la route aux côtés de cette nouvelle héroïne pétillante. Patrick Van Langhenhoven