En Bref
Nous retrouvons notre super-héros, Spider-Man Morales de nouveau dans sa dimension. Après avoir sauvé le multivers de la catastrophe avec d'autres Spiderman, il revient à une existence d'adolescent presque ordinaire. Il doit concilier sa vie de super-héros et celle de l'ado face à ses parents.  Ailleurs sur la terre 65, nous en apprenons un peu plus sur Spider-Woman/Gwen, l'amie de Morales. « Jusqu'ici tout va bien », dirait le type tombant du dernier étage. Un simple cambriolage dans une supérette le confronte à la Tache, un nouveau super-vilain. Il est capable de créer des portails sur des courtes distances, suite à l'explosion du Synchrotron. Il a une dent contre notre super-héros qui est la cause de sa transformation. Ailleurs dans le multivers, Gwen fait la connaissance d'une nouvelle organisation réunissant des Spidermen pour lutter contre la prolifération des méchants passant dans d'autres univers. Morales, en réparant le multivers, a bousculé ce dernier et désormais, c'est la pagaille. Gwen rejoint l'équipe chargée de remettre de l'ordre et découvre le KG de la force d'intervention. Pour rétablir le fil du temps, il est important que chaque passage de la vie soit respecté. C'est pourquoi Gwen et le Peter Parker originel attirent Miles Morales pour qu'il ne trouble pas le sillon temporel. En gros, notre vie est écrite et nous ne pouvons échapper à ce qui est inscrit dans notre grand livre. Il y a juste un petit blème, Morales n'a pas l'intention de respecter le cours du fleuve.
 “un grand pouvoir implique de grandes responsabilités” Oncle Ben.C'est peu dire que le premier Spider-Man : New Generation apporte un souffle nouveau dans le cinéma d'animation. Il est nourri de pop culture, de street art, de comics, de bande dessinée, de pop art et de musique dans un mélange démentiel, poussé encore plus loin dans son graphisme intemporel, multivers artistique. Depuis, d'autres studios d'animation pour adolescents et adultes se sont engouffrés dans la brèche. Nous nous demandions comment l'équipe allait se renouveler pour un second volet, encore plus époustouflant et riche visuellement comme dans sa réflexion. Le cœur du récit reste toujours cette question existentielle : « qui suis-je ? où est ma place ? » La question est d'autant plus complexe quand on doit réécrire son histoire de super-héros en s'émancipant de l'original, Peter Parker. Comment ne pas être une simple copie, mais soi ? Cette interrogation revient de nouveau, multipliée par les milliards de versions du multivers.S'il n'y avait que cela… A seize ans on aimerait bien être pris un peu plus au sérieux. Ce n'est pas facile quand maman et papa Morales vous voient toujours comme un enfant. Ce n'est pas facile quand un super vilain prend de l'importance et passe de l'anecdotique à la terreur du multivers. Ça l'est encore moins quand les autres Spidermen comptent sur vous pour remettre de l'ordre dans le temps. C'est l'occasion pour l'équipe d'aborder des thèmes plus complexes comme l'anxiété, la dépression, les couleurs de nos sentiments ainsi que les liens unissant la famille, explorés en profondeur. La question continue son bout de chemin à travers les parents de Miles, le père de Gwen, Stacy, et Peter Parker devenu papa. Le film oscille dans les méandres philosophiques et humoristiques dans un maelström de couleurs émotionnelles et virtuelles. C'est complexe sans jamais perdre le spectateur.Joaquim Dos Santos, Kemp Powers et Justin Thompson nous proposent une synesthésie animée entre sons et couleurs, l’ouïe et la vue plongeant dans un autre univers. La question de l'oncle Ben s'impose comme un passage incontournable, comme la mort du père, pour que l'enfant devienne adulte. Le destin est écrit dans les mailles du multivers et personne ne peut y échapper. A l'image de Lawrence d'Arabie, Spiderman Morales ne croit pas que le destin soit écrit dans le sable.C'est bien notre façon d'assumer le monde et de le vivre qui définissent ce que nous sommes. Est-ce bien la bonne question ? Est-ce que modifier la tapisserie du temps créerait un nouveau chemin ? En plus des multivers, il faudrait compter sur les variations temporelles multiples. Nous retrouvons ces éléments dans de nombreux récits de science-fiction qui nous ont fait rêver d'un autre moi. La réponse nous viendra dans l'épisode suivant. En attendant, profitons d'une animation bien plus en avance que la réalité.Patrick Van Langhenhoven