En Bref
C'est une petite rue sombre à l'éclairage balbutiant et une jolie blonde qui ouvre le bal des horreurs. Nos survivants de Woodsboro, Sam et Tara Carpenter, Mindy et Chad Meeks-Martin, Gale et Kirby se retrouvent à New-York pour oublier le passé. «  Chassez le naturel et il revient au galop  » nous disait notre grand-mère. Une série de meurtres perpétrés par le Ghostface vient de nouveau perturber la tranquillité de nos victimes se croyant à l'abri du sombre tueur. Elles vont devoir de nouveau courir dans les rues ténébreuses propices aux meurtres, dans le métro, un soir d'Halloween avec tous ces masques de stars de slasher. Elles penseront être en sécurité dans un temple voué à Ghostface pendant que la série des morts s'agrandit. Cette fois, il faudra bien piocher dans le tunnel noir pour trouver les ressources nécessaires à vaincre le nouveau candidat à la couronne du Ghostface. Conclusion, quels que soient l'endroit et l'heure, le masque vous retrouvera pour le pire et le meilleur.
On ne peut pas dire que le reboot de la saga Scream a convaincu les fans de la première heure. Dans les années 90, Kevin Williamson s'inspire des meurtres de Gainesville pour relancer, avec Wes Craven, le slasher qui semble à bout de souffle. C'est un savant mélange d'humour et des codes du genre. Le succès est immédiat et quatre films voient le jour. La recette est un jeu avec le spectateur comme celui de Ghostface avec ses victimes et il réinvente le personnage de la finale girl qui revient pour un second tour, voire plus. Après La colline a des yeux, Les griffes de la nuit  annonçant déjà Scream, Wes Craven, comme John Carpenter, relance le genre. 2011 Scream 4 tente de relancer la franchise en oubliant qu'elle a fini par prendre ses habitudes.Scream 5, sorti pour les 25 ans de la franchise, relance la saga en s'inscrivant dans sa continuité, tout en souhaitant s'émanciper de l'original. La jeune génération, nourrie d'un cinéma vidé de son contenu, lui fait un bon accueil, conduisant à un sixième opus, voire un septième. Les fans de la première heure reprocheront au sixième volet son côté donneur de leçons pour faire un bon slasher. Un des personnages explique ce que vous allez voir par la suite, idée reprise dans Scream 6. Il oublie que ce jeu de cache-cache se doublait d'un plus qui brisait justement les codes. Il ne se contentait pas d'être un catalogue du bon Ghostface. L'idée de transposer le tueur à New-York laissait espérer un terrain de jeu de choix, avec la ville se prêtant formidablement à l'ambiance glauque et meurtrière. Comme cette séquence dans le métro avec ces masques de tueurs célèbres, sous exploitée.Très vite, le spectateur comprend qu'il n’en sera rien, de même avec l'utilisation du musée des horreurs. Scream 6 finit par devenir, dans sa caricature du genre, un reboot de Scary Movie des frères Wayans. Il faut s'interroger sur un final à mourir de rire qui devrait, au contraire, vous faire hurler de peur. Est-ce que nous ne sommes pas trop vieux pour ces conneries ? Il est peut-être temps pour les enfants du premier Scream de comprendre que tout ceci n'était qu'un rêve. Il faut laisser la place à cette jeune génération qui n'a aucun scrupule à s'éclater sur un scénario peu ambitieux. « Les années passent et ne se ressemblent pas » dirait encore ma grand-mère. Allez, je vais me remettre le premier Scary Movie.Patrick Van Langhenhoven