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affiche du film En Corps

En Corps

  • Comédie dramatique
  • France
  • 2h

Un film de

Cédric Klapisch

Avec

Cédric Klapisch , Hofesh Shechter , Hofesh Shechter

En Bref

Les corps fluides comme un fleuve s’élancent, s’enlacent, recomposent les formes d’un univers magique. La jeune danseuse étoile devient le centre d’un monde émerveillé par la musique et ses corps en osmose. Les pas de deux, les entrechats deviennent un langage universel pour raconter la beauté du monde et de l’amour. Un mouvement de trop, un glissement de rien, un choc et la jeune danseuse s’effondre comme un cygne lors de son dernier chant. Élise n’a que vingt-six ans et la danse dans la peau. Cet accident la condamne à ne plus danser avant longtemps. Elle doit laisser son corps meurtri se reposer au risque de perdre le centre de sa vie, la danse. Élise erre dans les ombres de La Bayadère peut-être, dans un territoire où demain s’efface. Yann, son kiné, l’invite à laisser son corps parler et refermer les blessures. C’est dans ce creux de l’existence qu’elle croise la route d’Hofesh Schetcher, un chorégraphe contemporain. Il l’invite à rejoindre sa compagnie. Élise regarde d’abord de loin ces corps sauvages retrouver l’esprit des origines. C’est au cours d’une résidence préparant le prochain spectacle qu’elle se laisse séduire. Le chemin de la réparation et d’une nouvelle initiation peut commencer, mais n’est-ce pas trop tôt ? 

Cédric Kaplisch aime la danse. Il la filme comme personne, dans un ballet d’images jouant parfois, pour la première partie, du ralenti. Les corps semblent se figer, décomposent le geste et s’envolent dans un mouvement fluide. Le ballet devient un fleuve qui nous emporte pendant les 10 premières minutes, ailleurs, dans un territoire qui nous paraissait jusqu’alors inaccessible. La caméra saisit l’horizon, élargit l’image, souvent en plan d’ensemble. C’est une déclaration d’amour à la danse, à toutes les danses. Dans la suite de l’histoire, nous découvrirons les corps plus sauvages d’un ballet contemporain. Cette fois, la caméra danse avec le ballet, plus serrée sur les corps. Ces deux spectacles donnent sens à l’histoire de cette jeune fille blessée qui devra se reconstruire. La Bayadère c’est le ballet ultime de Rudolph Noureev. C’est l’histoire des amours contrariées d’une jeune danseuse et d’un guerrier, Solilor, dans une Inde flamboyante et fantasmée. Élise, danseuse étoile, touche à la perfection, illumine la scène, s’envole vers les sommets. La chute est d’autant plus douloureuse qu’elle la condamne au silence du corps. Elle doit éviter tout effort au risque de ne plus jamais retrouver les parquets de l’Opéra. Toute une vie disparaît dans un incendie de l’âme. Élise n’est plus qu’un corps et un cœur blessés qui doivent retrouver le chemin de son âme. Dans cette première séquence, c’est toute la beauté, la délicatesse de la danse classique. C’est bien plus que des corps s’agitant sur une scène. C’est comme le disait Zorba le Grec au jeune Basil, c’est un langage, une conversation avec le monde et le public. Réfractaire pour des raisons personnelles à la danse classique, me voici envouté, réconcilié. Je comprends mieux ce qu’aura perdu cette jeune fille qu’était ma mère, fin de la parenthèse. C’est donc la route initiatique d’Élise que nous allons suivre dans la découverte d’une autre forme de danse. Elle rencontre Hofesh Schetcher, chorégraphe contemporain, qui l’invite dans son monde. Peu à peu, son corps, dans le chaos de ses mouvements sauvages, surgit de la terre, vomissant des laves, remontant aux origines du monde. Elle retrouve la parole. Le corps meurtri se répare et part en quête de l’âme perdue. C’est tout ce voyage, à la fois simple et complexe, que porte la jeune danseuse étoile, Marion Barbeau, remarquable. Ces deux expressions différentes racontent pourtant la même chose. Elles finissent par se rencontrer ailleurs, dans l’expression ineffable de la vie. C’est sur ces territoires que nous emporte le film, réconciliant moderne et classique. L’humour, comme toujours chez Cédric Kaplisch, enchante le récit de moments décalés. On pouvait voir depuis longtemps les corps s’exprimer chez le réalisateur, et des séquences de danse dans son dernier film, Deux Moi, auraient pu nous avertir.  Patrick Van Langhenhoven 

  • Studio Canal
  • Format 16/9 compatible 4/3, cinéma respecté 2.40,
  • Français Dolby Digital 5.1

Bonus :Documentaire “Pas de deux” avec Cedric Klapisch