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affiche du film Elvis

Elvis

  • Biographie
  • Etats Unis d'Amérique
  • 2h39

Un film de

Baz Luhrmann

Avec

Austin Butler , Tom Hanks , Olivia DeJonge

En Bref

Cette histoire commence dans un mélange d’extase, des rythmes endiablés des bouges perdus et des foires aux attractions musicales. C’est la rencontre d’un jeune garçon qui changera le monde de la musique en pleine mutation et d’un bonimenteur, roi de l’esbroufe. C’est celle d’Elvis et du colonel Parker sur fond d’une Amérique ségrégationniste et bien pensante. Les déhanchements et le mélange de blues, country, Gospel, et rock naissant le propulsent sur la scène internationale comme un chanteur à part. Sur son passage, les jeunes filles ne résistent pas au sex-symbol qui se parera de costumes étincelants plus tard. « Notre pays est malade. Il a perdu sa détermination, voire son sens moral. » Dans les années cinquante-cinq, il croise la route du Colonel Parker qui devient son impresario exclusif. Le vieux roublard flaire la bonne affaire et le potentiel en gestation du jeune homme. Il lui fait quitter l’ombre pour la lumière et quelle lumière ! Celle de Las Vegas ! Pour payer ses dettes de jeux, il enferme Elvis pendant cinq ans sur la même scène du casino.

« Il y a un tas de gens qui disent un tas de choses, mais il faut surtout s’écouter soi-même. » Elvis. Avant ce sont les routes du Mississippi, du Sud profond et d’une Amérique qui assassinera Martin Luther King et Bob Kennedy. Le jeune garçon est obligé de calmer son jeu de jambes, de changer de costume pour le noir et blanc, plus strict. Parker lui conseille d’éviter les chansons provocantes mais Elvis résiste. Il finit en Allemagne en attendant que les choses se tassent et rencontre celle qui partagera sa vie, Priscilla. Cette histoire raconte une vie sous les sunlights jusqu’au bout de la route, jusqu’à la mort en 1977.  Dès Ballroom Dancing (1992), nous avons l’impression que la filmographie de Baz Luhrmann nous conduit à travers des figures révoltées et la musique à Elvis. Nous retrouvons la démesure et le baroque flamboyant qui éclatent dans cette biographie inspirée. Les lumières du Moulin Rouge, l’Amérique balbutiante et le jazz de Gatsby le magnifique (2013), le tragique, la révolte de Roméo et Juliette (1996). Le film commence dans les foires et leurs décors baroques qu’affectionne le réalisateur. C’est un monde de couleurs avec sa galerie de monstres et ses chanteurs sous chapiteau, bien avant la salle de spectacle. C’est la route, la marginalité, le mensonge, l’esbroufe, les camelots et le clinquant. C’est ici que la chenille tisse son cocon avant de devenir papillon. Le déhanchement, les costumes de foire aux ceintures de rodéo, les paroles et la musique hypnotique portent les jeunes filles de bonne famille au bord de l’extase. En toile de fond, c’est l’Amérique profonde des bouges clandestins, des chanteurs de blues à la guitare enivrée d’alcool et de promesses d’un autre monde. Le film raconte autant l’ascension et l’apport révolutionnaire de la musique d’Elvis que l’Amérique ségrégationniste et des droits civiques. Comment un jeune garçon autodidacte construit un nouveau genre en mélangeant plusieurs influences. On découvre le vrai visage du Colonel Parker, émigré qui ne peut quitter le territoire. Il s’invente une généalogie et un parcours loin du bonimenteur des foires. Il quitte un chanteur country pour une perle qu’il aidera à atteindre les sommets. Je pense qu’Elvis aurait fini par éclater au grand jour sans son mentor pernicieux. Dans les mains du Colonel, il devient un instrument à dollars qui, malgré tout, échappe parfois à son impresario. Ce qu’il ne peut dire en paroles, il le chante. Elvis finira, poussé au-delà de ses limites, par mourir de trop de drogues pour le tenir debout, trop de démesure que l’on étouffe. C’est une caméra baroque au déhanché semblable à celui d’Elvis, le cœur de son récit, qui trace la route. Le jeune Austin Butler réussit à se fondre dans le personnage, mimétisme parfait. Tom Hanks est incroyable, bluffant dans une transformation impressionnante pour ce bonimenteur finissant dans l’ombre. Baz Luhrmann choisit la démesure pour un film qui la mérite.  Patrick Van Langhenhoven

  • Warner home vidéo
  • Format 16/9 compatible 4/3, cinéma respecté 2.40
  • Français, Anglais Dolby Digital 5.1

Bonus:Plus vrai que nature (l'histoire d'Elvis), La crème du rock'n'roll (la musique et les artistes derrière Elvis), Digne d'un roi (costumes), Viva Australia (la recréation des décors emblématiques) clip de la chanson Trouble